Coefficient du capteur

Le facteur de conversion du capteur

D'abord une brève historique sur l'origine du format 24x36 sur les appareils photo argentiques et dans une moindre mesure pour les numériques.
Au début du XXième siècle, Oskar Barnack, un ingénieur allemand dans une petite manufacture d'optique de précision près de Francfort, laquelle deviendra par la suite LEICA, s'intéressa à la conception d'une caméra de prises de vues cinématographiques et fut confronté au problème de l'étalonnage des films dont les caractéristiques n'étaient pas constantes.
L'ingénieur eut alors l'idée de construire un appareil miniature destiné à des tests pour la détermination du temps de pose : ce boîtier servirait à exposer des images fixes sur une petite longueur de film cinématographique bobinée à l'intérieur.
En cinéma 35 mm (35 mm = largeur totale de la bande y compris les perforations), inventé par Thomas Edison avec son Kinétoscope de 1893, une image porte sur 4 perforations du film ; pour en augmenter la qualité, Barnack décida de doubler ce format en faisant porter l'image sur 8 perforations (moins un millimètre de part et d'autre pour séparer les images) : le 24x36 mm était né !
Son idée principale était de limiter en taille et en poids les "chambres de voyage" d’alors, et, mieux, de faire tenir son appareil dans la poche, grâce à son objectif rentrant, voila ce qui incita l'inventeur de ce "posemètre" à le transformer en un appareil qui, pendant un siècle, allait révolutionner la photographie...
On peut dire que le format 24x36mm en photographie s’est imposé au monde entier à partir de ses travaux.

Or, beaucoup d'appareils reflex numériques utilisent à ce jour un capteur dont les dimensions sont inférieures à celle d'un film 24x36 mm, alors que les objectifs qu'ils utilisent ont à l'origine été conçus pour les formats 24x36.
Le capteur étant plus petit, une bonne partie de l'image est coupée, de sorte que vous n'utilisez, par exemple, que 75 % de la surface. Quand vous utilisez un objectif de 100 mm, seule la partie centrale de l'image est captée, ce qui équivaut à un champ égal à un 160 mm. (pour un coefficient de 1,6)

Cet effet est aussi appelé coefficient du capteur ou équivalent 24x36. Les facteurs de conversion les plus courants, sur les reflex numériques, sont 1,3x, 1,5x, 1,6x et 2x.
Sur les Canon 350D/400D/40D équipés d'un capteur CMOS ce coefficient est de 1,6 avec des dimensions du capteur 14,8 x 22,2 mm (1,6 fois moindre qu'un film 24x36.)
Le Canon EOS/5D et le 1Ds Mark III sont équipés de capteurs CMOS plein format (comme la dimension des pellicules 24x36) et le 1D Mark III est équipé d'un format 28,1 x 18,7 mm dont le coefficient est 1,3x.
Le coefficient est variable selon les marques, chez Nikon il est par exemple de 1,5x pour les appareils "experts".

Le facteur de conversion affecte la prise de vue de deux manières :
  • Le téléobjectif est comme par magie devenu plus puissant. Un téléobjectif de 200 mm devient un 320 mm, et la longue focale de 400 mm devient un superbe 640 mm. Le résultat est bien sûr identique à la même image prise en plein cadre 24x36 puis recadrée, mais l'effet n'en est pas moins commode.

  • Le grand angulaire ne prend plus aussi large qu'auparavant. Un magnifique ultra grand angulaire de 20 mm monté sur un boîtier dont le coefficient est de 1,6x ne couvre plus que le champ d'un très ordinaire grand angulaire de 32 mm. Un fort utile 35 mm devient un banal 56 mm.
Nota : La focale qui est indiquée sur le fût de l’objectif correspond à la focale réelle de l’objectif.

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